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Soumis par admin le mer 17/07/2013 - 20:41
Français
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La LILA fut officiellement incorporée à Copenhague en Septembre 1948 avec 10 pays fondateurs. Des délégués de Belgique, Finlande, Suisse et Italie rejoignirent leurs confrères de Grande-Bretagne, France, Suède, Danemark et des Pays-Bas autour de la table de réunion. La Norvège avait donné procuration au Danemark.

Copenhague 1948


La LILA fut officiellement incorporée à Copenhague en Septembre 1948 avec 10 pays fondateurs. Des délégués de Belgique, Finlande, Suisse et Italie rejoignirent leurs confrères de Grande-Bretagne, France, Suède, Danemark et des Pays-Bas autour de la table de réunion. La Norvège avait donné procuration au Danemark.

Menno Hertzberger proposa que William S. Kundig fut le premier président de la LILA. Kundig, « un homme doté d’autorité, d’argent et d’une position sociale prominente… un bon hôte et un conteur de première classe » (Kaye) fut élu à l’unanimité. Le premier comité de la LILA était composé de William S. Kundig (Président), Percy H. Muir (Vice Président), Menno Hertzberger, Einar Grønholt-Pedersen et André Poursin.

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Intérêt du public


« La presse danoise avait déjà couvert en partie la conférence ; avec la formation de la Ligue, nous sommes devenus un événement médiatique. Non seulement Percy était interviewé dans la salle de conférence, mais le lendemain matin un jeune journaliste plein d’enthousiasme se rendit à notre hôtel et insista pour parler à Percy pendant que nous prenions notre petit déjeuner dans la chambre, à une heure où je n’étais pas franchement prête à être photographiée. Nous avions fait la fête la veille au soir ; je n’apparaissais pas sous mon meilleur jour, mais il n’y avait pas moyen d’échapper aux photographes de presse. » (Barbara Kaye)


Politique


En dépit de la petite taille de la Ligue avec seulement une dizaine de membres, sa création suscita beaucoup d’intérêt de la part du public. Le premier congrès de la LILA dura trois jours. Il y avait plusieurs problèmes à solutionner : les modalités de payements d’un pays à l’autre, les contrôles des changes, un marché noir des devises qui existait depuis la fin de la Guerre, ainsi que la mise en place d’un service confidentiel d’information concernant la solidité financière des clients, qui n’était en fait qu’une liste noire des mauvais payeurs. La structure de la LILA restait à être fixée : une organisation bilingue dont les langues officielles seraient le français et l’anglais, avec deux noms officiels, Ligue Internationale de la Librairie Ancienne (LILA) et International League of Antiquarian Booksellers (ILAB). La LILA fut définie comme un toit sous lequel étaient rassemblée les associations dont l’indépendance était garantie. Le président serait élu par les représentants des associations nationales, et la Ligue disposerait d’un budget levé auprès des associations membres.

« Nous faisons grand compte non seulement de l’indépendance de chaque pays, mais aussi de l’indépendance de chaque association. Chacune doit, à notre avis, demeurer maître chez elle. » (André Poursin).


Plans


Un répertoire international fut publié par Percy H. Muir et André Poursin. L’autre tâche immense qui les attendait était la rédaction d’un dictionnaire international des termes techniques du métier. Menno Hertzberger fut le premier à en avoir l’idée, et c’est lui qui en assuma la rédaction. Son « Dictionnaire à l’usage de la librairie ancienne » en français, anglais, allemand, suédois, danois, italien, espagnol et néerlandais  fut la première publication de la LILA, elle parut en 1956 et fut réimprimée ultérieurement avec l’ajout d’une section en japonais.

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Et célébrations


« Le banquet d’adieu fut très festif, informel selon le goût danois. Au lieu d’avoir à écouter des longs discours, nous avons été invités à chanter une chanson vantant les œufs et le jambon, dont les paroles avaient été imprimées sur des sous-verre publicitaires de la bière Carlsberg. Pour faire un geste à l’égard des Français, nous avons choisi l’air de Frère Jaques… Lorsque j’ai lu le menu du dîner, je fus affolée par la quantité de nourriture qui nous était proposée. Maquereaux, homard, crevettes, saumon fumé, anguille – rien que pour commencer ; suivis par du canard rôti, de la dinde, de l’agneau, et du fromage au cas où il nous resterait une petite faim. Pour arroser ce repas, des boissons nationales danoises : Carlsberg ou Tuborg suivis d’aquavit et pour finir des liqueurs. Lorsque j’ai murmuré d’un ton confus que je ne pourrais jamais tout manger, Einar (Grønholt-Pedersen) me répondit : ‘mangez lentement, ma chère. Mangez lentement et vous y arriverez’. Je ne sais pas comment j’ai fait, mais j’y suis effectivement arrivée. » (Kaye)

Une étape dans l’histoire de la librairie ancienne

L’année 1948 marqua le début de la Ligue Internationale de la Librairie Ancienne. A Copenhague, Percy H. Muir dit aux délégués :

« Répandez la nouvelle dans vos pays. Les gouvernements peuvent faire beaucoup pour nous s’ils le souhaitent, et les gouvernements sont très sensibles à ce que publie la presse… nous espérons, également, qu’un des résultats de cette conférence et de la formation de la Ligue sera de persuader les libraires qui n’ont pas d’association nationale d’en former une. »

La librairie ancienne n’était plus un ensemble de libraires se battant chacun seul dans son coin. Les libraires avaient alors reconnu le fait que leur avenir dépendait de la coopération entre les confrères et les clients, entre les nations et les cultures. Depuis 1948, de plus en plus d’associations nationales se sont créées et ont rejoint la LILA en 60 ans d’existence.

L’idée d’un marché global était donc née en 1948 – avec la LILA comme ombrelle pour toutes les associations nationales et les libraires à travers le monde.

Incorporation de la LILA à Copenhague en 1948
History